Kit militant : Réussir sa campagne, comme OLF 14

Osez le féminisme ! du Calvados, a organisé début 2015 une réunion pour discuter des actions de l’année. Le thème des injonctions liées à la maternité s’est imposé car il touche le quotidien de plusieurs militantes, mais aussi car il reste un impensé du féminisme.

Depuis les années 70, les luttes féministes se sont concentrées sur l’accès à la contraception et à l’IVG, conditions sine qua non pour disposer librement de nos corps et vivre nos sexualités sans oppression.  Cependant, ces luttes n’ont pas permis de construire une parentalité apaisée.

S’organiser

Un groupe de travail de six militantes se forme et commence par un brainstorming, duquel émergent trois grands thèmes : les pressions sur les femmes qui ne veulent pas d’enfants, celles sur les femmes qui en ont et enfin le tabou de la difficulté maternelle. Les militantes se répartissent alors la recherche bibliographique : chacune étudie plusieurs livres et en présente le contenu aux autres. Recherches internet et fiches de lecture servent ensuite de base pour des réunions de travail, où des échanges nourris font émerger une analyse féministe collective. Après ce travail de recherche, le thème apparaît très vaste et ne peut se suffire de l’assemblée mensuelle traditionnelle. Les militantes décident alors de monter une campagne de trois soirées-débats en juin : « Devenir mère, un choix sous influence », « Être mère, un chemin semé d’injonctions » et « Parler de la difficulté maternelle ». À chaque soirée, une experte invitée propose au public un regard croisé entre professionnelles et féministes.

Communiquer

En plus des comptes Facebook et Twitter, les informations relatives à la campagne sont également annoncées dans la presse et via la newsletter de l’antenne. Enfin, les militantes organisent une vaste campagne d’affichage à Caen, dans les endroits où est susceptible de se rendre le public ciblé, comme les lieux d’accueil parents-enfants, les relais d’assistantes maternelles (RAM), les cabinets de gynécologues, les crèches, les établissements de protection maternelle et infantile (PMI), les centres communaux d’action sociale (CCAS), les centres de formation (sage femmes, médecine, travail social), etc.

Conclure

Chaque soirée rassemble un public divers. De nombreuses femmes, jusque-là inconnues de l’antenne, se déplacent  en fonction du sujet qui les concerne. Le dernier débat, avec notamment la projection du film-documentaire de Chloé Guer-ber-Cahuzac, L’autre naissance, dépasse l’horaire de fin et dure jusqu’à minuit. Les personnes rassemblées et les problématiques soulevées prouvent le succès de la campagne. La seule déception vient de l’absence de professionnel.le.s de santé qui, malgré le manque de formation, notamment sur la difficulté maternelle, ne se sont pas déplacé-e-s. Après avoir conçu la campagne, porté le projet pendant plusieurs mois et l’avoir enfin mis au monde, la question se pose : « et maintenant ? ». Ressorti lors du FeministCamp de novembre 2016, le sujet pourrait aboutir à une campagne nationale prochainement.

Clémentine Sabrié & Astrid Leray