Syriza : où sont les femmes ?

Le 25 janvier 2015, en Grèce ont eu lieu des élections législatives qui ont porté au pouvoir le parti Syriza, mouvement de la gauche radicale. Cette victoire est, selon les observateurs, qualifiée d’historique.

Dans le gouvernement constitué par Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre, le constat est amer pour nous, féministes. Sur les 41 ministres, ministres adjoints et secrétaires d’État, seules six femmes ont été nommées : deux ministres adjointes, et quatre secrétaires d’État. Pire encore : parmi les ministères, aucun n’a vocation à traiter des droits des femmes !

Alors, pouvons-nous réellement nous réjouir de la victoire de Syriza en Grèce ? Dans une certaine mesure, oui ! Syriza qui se réclame de la gauche radicale prône des idéaux d’égalité, en opposition à la politique d’austérité subie jusqu’ici par le pays et dont les femmes sont les premières victimes. En cela, ce changement pourrait leur être bénéfique.

Dans sa déclaration de politique générale devant le nouveau parlement grec, Alexis Tsipras a déclaré que la priorité de son gouvernement est de faire face à la crise humanitaire qui sévit dans le pays, conformément aux engagements pris lors de sa campagne électorale. Les premières mesures porteront sur les problèmes d’alimentation, de logement, de distribution de courant électrique, d’accès aux services de santé, pour les milliers de familles victimes de la crise mémorandaire.

Cependant, force est de constater que les droits des femmes sont les grands oubliés de ce mouvement qui se veut de renouveau. Ainsi, même à gauche, le pouvoir politique qui devait se répartir équitablement entre femmes et hommes, se trouve encore accaparé par les hommes lors de la composition du gouvernement. Le système patriarcal a, une nouvelle fois, conduit à exclure les femmes et leurs compétences de la direction d’un pays.

Que faut-il en comprendre ? La crise de la dette grecque serait-elle une question bien trop complexe pour être confiée à des femmes ? Le gouvernement de Syriza hiérarchiserait-il les difficultés et l’urgence de leur traitement ? Les droits des femmes seraient-ils à ce point dérisoires qu’ils ne figurent pas parmi les priorités gouverne- mentales ?

Poser la question, c’est déjà apporter une réponse : assurément oui, et c’est regrettable.

Malika


Podemos : les femmes d’abord ?

Après la Grèce, l’Espagne va vivre en 2015 deux périodes électorales importantes : municipales au printemps et législatives à l’automne. L’Espagne sent aussi le souffle d’un mouvement porteur d’un réanchantement démocratique et social. Il se mobilise autour d’un parti : Podémos, qui signifie « nous pouvons ». Créé en 2014, initié par des enseignants d’université, animateurs de télévision, parmi lesquel-le-s deux femmes, Cécilia Salazar Alonzo et Téréza Rodriguez, Podémos ne cesse de grandir auprès de l’électorat espagnol et laisse entrevoir une victoire aux élections. Podemos est né à un moment où la vie politique et sociale a été secouée par la proposition de loi anti IVG. Elle sera finalement retirée, résultat auquel Podemos aura largement contribué. Alors, si Podémos arrive au pouvoir, se préoccupera-t-il mieux que Syriza des droits des femmes ? Il y a tout lieu de le penser. Parmi les thèmes importants de sa campagne figure notamment « la liberté absolue des femmes à gérer leur corps, un droit inaliénable et non négociable ».

Malika