Le vêtement féminin, un inconfort au quotidien

Aujourd’hui j’ai décidé de porter ma nouvelle jupe, très jolie, assez courte, que je viens d’acheter. Ce matin, un gars dans la rue m’a sifflée : « Hmm, pas mal, mademoiselle ! », et j’ai pensé que je pouvais prendre ça comme un compliment, non ? Au boulot, une amie m’a dit que c’était « un peu court, surtout avec des talons… », mais ce doit être parce qu’elle est jalouse, non ? Je l’ai montrée à ma mère, qui s’est empressée de me faire remarquer qu’elle était « bien trop moulante », mais c’est parce qu’elle est un peu démodée, non ? Mon copain en la voyant s’est exclamé : « T’étonne pas si tu t’fais emmerder après ! », mais c’est son côté protecteur, non ?

Mais le soir à la télé, j’ai vu la nouvelle bourde d’un député, qui devant la jupe d’une de ses collègues, s’est exclamé : « Habillée comme ça, faut pas s’étonner de se faire violer ! »… C’est peut-être qu’il y a un vrai problème, non ?

Et nous qui pensions que nous avions la pleine possession de notre corps, que la mode avait elle-même libéré la femme et que nous pouvions nous vanter de porter ce que bon nous semble, que nenni chères amies. Il est de notre devoir de faire bien attention à ce que nous mettons pour ne pas déclencher sur nous les foudres de ces charmants personnages pour qui nos tenues envoient des messages subliminaux. Je vous propose même que nous classions nos vêtements en deux catégories : les « violables » et les « sans risques ». Et que nous demandions plus souvent aux victimes d’agression si, dans le fond, elles ne l’avaient pas un peu cherché. C’est à nous, les femmes, de changer notre manière de vivre, d’avoir peur la nuit et de supporter les remarques incessantes ; car il est évident que le problème vient de nous et qu’il n’y a pas d’autres solutions.

Et pendant que j’y suis, d’accord, j’avoue tout, en fait cette mini-jupe sous-entendais « tripotez moi le derrière dans le métro », parce que tout le monde sait que l’on n’attend que ça.

Caroline