Infarctus : autant touchées que les hommes, les femmes sont moins traitées

Une inégalité de plus en matière de santé entre les femmes et les hommes : la détection et le traitement des infarctus. Mépris et ignorance du corps féminin se conjuguent et mettent en danger notre santé. Alors informons-nous !

 

Avez-vous eu vent, il y a quelques mois, de cette information : une femme, infirmière de profession, a appelé le SAMU de Nantes en 2010 car elle faisait un AVC (accident vasculaire cérébral). Le médecin régulateur lui a conseillé d’aller « se coucher » et a attribué ses difficultés d’élocution à un état d’ivresse, voire à une dépression. La victime est parvenue à prévenir ses voisins mais sera prise en charge aux urgences trop tard. Elle est aujourd’hui lourdement handicapée. Le Tribunal Administratif a donc condamné le CHU de Nantes à de lourds dommages et intérêts après avoir jugé que le SAMU 44 avait commis une faute.

Constat

On pense souvent que les femmes sont protégées des maladies cardiovasculaires par leurs hormones naturelles, les oestrogènes, mais cet avantage n’est que relatif et ne fait que retarder le risque d’environ dix ans. De plus, leurs changements d’hygiène de vie les exposent aux mêmes facteurs de risque que les hommes – avec le tabagisme, le stress, le surpoids, le manque d’exercice, entre autres.

Non, les femmes ne sont pas épargnées par les maladies cardio-vasculaires. Cause de décès numéro 1 comme pour les hommes, elles touchent une femme sur deux. Cependant, les femmes sont minoritaires dans les essais cliniques et, par conséquent moins bien traitées que les hommes. Résultat : la mortalité coronarienne est plus élevée pour elles que ces derniers.

Quelques données chiffrées

  •   1ère cause de mortalité des femmes en France (elles tuent 8 fois plus que le cancer du sein).
  •   54% des personnes qui décèdent chaque année d’une maladie cardio-vasculaire sont des femmes.
  •   Après 35 ans, l’association d’une contraception contenant un œstrogène de synthèse (pilule, patch cutané, anneau vaginal…) avec le tabac constitue un cocktail destructeur qui multiplie par 30 le risque d’infarctus.
  •   80% des maladies cardio-vasculaires sont liées à une mauvaise hygiène de vie (tabac, excès d’alcool, sédentarité, alimentation trop riche, stress)
  •   Plus de 11% des femmes victimes d’un infarctus du myocarde ont moins de 50 ans. Elles étaient 4% en 1995.

Des symptômes différents

Chez les femmes, les signaux d’alerte tels les douleurs thoraciques (douleur dans la poitrine irradiant le bras gauche et la mâchoire) ou le sentiment d’oppression sont souvent moins typiques, ou silencieux. Ces signes sont trop souvent assimilés à une crise d’anxiété.

  •    L’infarctus du myocarde (un caillot de sang bloque les artères coronaires) : le symptôme de la douleur dans le thorax est plus rare chez la femme.

Il existe, par contre, bien d’autres symptômes plus subtils : nausées, vomissements, sueurs, douleurs dans l’estomac, essoufflement, fatigue persistante, palpitations lors d’un effort, douleurs dans la poitrine ou dans l’épaule.

  •    L’AVC (Accident Vasculaire Cérébral : un caillot de sang bloque les artères cérébrales) : faiblesse musculaire d’un membre (du même côté en général), visage engourdi, difficulté à bouger les lèvres, difficulté à parler et langage confus, troubles de la vision, voire perte de la vue (d’un œil), maux de tête violents, perte d’équilibre, palpitations, nausées, souffle court, étourdissements

 

Un dépistage et une prise en charge de moindre qualité

  •    Dépistage :

Selon la Fédération Française de Cardiologie, les femmes ont 20% de chance en moins que les hommes de se voir proposer une consultation médicale quand elles se plaignent de douleurs thoraciques. Elles ont 40% de chance en moins de se faire prescrire un examen des artères coronaires. Pourtant, elles ont deux fois plus de risques que les hommes d’être victimes d’un infarctus quand elles souffrent d’une maladie coronaire.

  •    Prise en charge :

En cas de malaise relatif à un infarctus, l’entourage d’une femme met en moyenne une heure de plus que pour un homme avant d’appeler un numéro d’urgence. Une fois arrivée aux urgences, il y a encore en moyenne une heure de retard avant la prise en charge par un cardiologue.

Sept conseils pour prendre soin de son coeur


1)
Consommer au minimum 5 légumes et fruits, moins de sel, de sucres et de matières grasses animales.

2)  Limiter la consommation d’alcool (qui fait monter la pression artérielle) : 2 unités d’alcool maximum par jour (soit un verre de vin et un demi de bière par exemple).

3)  Ne pas fumer et se faire accompagner pour le sevrage tabagique.

4)  Agir sur le stress (l’éviter ou le gérer grâce à la méditation ou une thérapie). A noter que rire réduit la tension nerveuse.

5)  Pratiquer une activité physique régulière (30 minutes par jour de marche à pied, vélo ou natation) et lutter contre la sédentarité, ce qui permettra aussi de contrôler la prise de poids.

6)  Se coucher à heures régulières dans une chambre aérée avec une température de 19°C.

7)  S’écouter et parler à son médecin des signes d’alerte, contrôler sa tension et faire un bilan sanguin une fois par an.

 

Si vous avez le moindre doute, appelez le 15 !

      Maya Forbin