Galanterie, courtoisie et féminisme ?

Qu’il semble flatteur ce doux nom de galanterie, a priori simplement synonyme de courtoises attentions au quotidien. Alors les femmes seraient ingrates de mépriser les égards d’hommes si prévenants ? Argh, j’entends déjà le vent des quolibets siffler. « Si on ne peut même plus être poli ! » Mais c’est quoi être galant en fait ?

Et bien c’est par exemple quand un homme s’empresse pour aider une égarée à retrouver son chemin ou quand il cède le passage avec insistance à sa voisine dans l’ascenseur. Être galant ne semble pas s’accorder au féminin. On entend toujours « mais qu’est-ce qu’il est galant ! » Témoigner cette déférence envers les femmes, n’est-ce pas une forme de sexisme déguisé en politesse ?

L’Histoire est toujours une alliée pour éclairer le présent. La galanterie est régie par les codes de l’amour courtois. Cette politesse dite raffinée est un fait de civilisation qui cherchait à ennoblir la relation amoureuse en en faisant un art. L’amant, inspiré par le désir de séduire, conquérir (ah, ce bon vieux vocabulaire guerrier !), devait briller par ses exploits afin de devenir un homme accompli aux yeux de la douce et passive courtisée. Et pourtant, dans une époque où viols et enlèvements étaient courants, le développement de la galanterie a instauré une forme de respect entre les sexes et amélioré la condition des femmes. Mais ce qui était un progrès au Moyen-Âge ne l’est plus au XXIe siècle.

Aujourd’hui, comment donc ne pas s’interroger devant cette relation asymétrique hommes-femmes ? La représentation archaïque du mâââle fort et protecteur réduit les femmes à la passivité et la dépendance. L’homme aide la femme à porter sa valise comme si elle en était physiquement incapable. Non aux vestiges de ces codes sociaux oppressifs qui infériorisent les femmes. Oui à une politesse neutre envers tout le monde quels que soient l’âge ou le genre. Alors, Messieurs, ne vous vexez plus si les femmes déclinent poliment votre désuète galanterie !

Fanny