Cuisine et plafond de verre

« Qu’est ce qu’on mange ce soir ? »

82% des femmes – à savoir celles auxquelles leur conjoint a laissé le soin de faire la cuisine selon les chiffres de l’INSEE – entendent cette phrase chaque jour.

Car il faut bien se rendre à l’évidence : comme d’autres tâches ménagères, tout ce qui touche à la cuisine est loin d’être équitablement partagé au sein des couples. Lorsque l’on est une bonne ménagère, il faut donc : trouver des idées de repas (si possible équilibrés), courir au magasin après sa journée de travail, passer du temps aux fourneaux, supporter les jérémiades du petit dernier qui n’aime pas les brocolis, voir le fruit d’un travail laborieux disparaître en quelques minutes des assiettes… et cela absolument tous les jours. Sauf lorsque votre conjoint vous dit : « Allez chérie, on va au restau ce soir pour que tu puisses te reposer un peu ! ». Pour peu qu’il s’agisse d’un restaurant gastronomique, un détail ne manquera pas d’étonner : le chef cuisinier est, comme bien souvent, un homme…

Eh oui, c’est bien connu, les femmes ne sont habilitées qu’à s’occuper de ce qui concerne la famille, le foyer, le quotidien. Dès que l’on pénètre dans des sphères où les choses sont plus sophistiquées, où il faut avoir du talent et de la poigne, la place doit être laissée aux hommes. De la même manière, les grands couturiers sont des hommes. Mais n’ayons guère d’illusions sur le sexe de la personne qui raccommode les chaussettes à la maison. Parfois, on se surprend à rêver d’une société idéale au sein de laquelle les tâches ménagères seraient correctement partagées entre les femmes et les hommes. Mais on rêve aussi d’une société où les compétences des femmes, leurs capacités, seraient reconnues au même titre que celles des hommes. Reconnaissance qui leur permettrait sans aucun doute de sortir de la sphère du privé et de s’épanouir autrement qu’en tant que mères ou épouses.

Noémie