La tampon tax a de beaux jours devant elle

Le 15 octobre 2015, l’Assemblée nationale a rejeté une proposition socialiste visant à réduire la TVA sur les produits d’hygiène féminine. Serviettes et tampons resteront soumis au taux le plus élevé : 20%. Contrairement à des produits de première nécessité taxés à 5,5% tels que l’eau, les préservatifs mais aussi la chicorée ou le lait de soja. Cherchez l’erreur.

Les femmes continueront donc d’acheter des produits lourdement imposés car jugés superflus. Cette tampon tax est un exemple édifiant de la « taxe rose » dénoncée par le collectif Georgette Sand : la moitié de la population paie au prix fort des articles nécessaires – cette moitié qui gagne 24% de moins que les hommes.

Alors que le Royaume-Uni et le Canada appliquent désormais des taux planchers, voire nuls à ces produits, la France s’obstine. Pas plus que pour le droit de vote des femmes, elle ne sera à l’avant-garde de ce combat. Sans doute arrivera-t-elle en queue de cortège. En attendant, si vos règles coïncident avec une fin de mois difficile, armez-vous de feuilles et de torchons !

Marianne Floc’h