Quelle parité pour les toilettes ?

Quelle femme n’a pas longuement attendu son tour ou est restée pantoise devant l’amalgame bébés/handicapés/femmes ? Dans les espaces publics, les toilettes restent non mixtes et identiques en nombre de mètres carrés. Question d’égalité ? Pas vraiment du fait desdits dispositifs (entrer dans le cabinet sans devoir monter sur la cuvette demande une certaine technique) et de notre physionomie (les pissotières ne nous sont pas adaptées sans pisse-de-bout). Nous voilà donc coincées dans la file d’attente. Finalement, le nombre de places est près de deux fois inférieures à celui offert aux hommes. Sans parler des tables à langer qui envahissent les toilettes femmes, mais Mme Pécresse l’a expliqué : les hommes ne sont pas faits pour changer les couches.

Braver l’interdit en pénétrant dans les toilettes pour hommes n’est pas envisageable. Pour les plus hardies d’entre nous qui s’y sommes risquées, c’est une fin de non recevoir, renvoyées dans la file d’attente le clito entre les jambes.

A y réfléchir, la signalétique contribue largement à propager les stéréotypes éculés du sexisme. Les pictogrammes révèlent les critères communément admis par notre société et qui font de nous un homme ou une femme (avec une robe bien sûr). De plus, la vision hétérocentrée suppose un attrait naturel pour le sexe opposé, ce qui justifie la ségrégation. Séparons-nous pour ne pas que les toilettes soient un lieu de bacchanales !

Mais cette logique hétérocentrée a des failles puisqu’elle ne représente pas la réalité. Qu’en est-il des transgenres ? Et quid des hommes handicapés souvent forcés de se rendre dans les toilettes femmes ? Au Japon, les toilettes sont des lieux unisexes qui privilégient confort et raffinement entre lunettes chauffées et jets bidirectionnels. Et les pays scandinaves ont supprimé les urinoirs. Faut-il rappeler qu’uriner debout reste largement une habitude culturelle ? Dans de nombreux pays les hommes pissent accroupis. A bons entendeurs.

Maëlle