Procès Tron-Gruel : l’inversion de la culpabilité comme stratégie de défense

Georges Tron et Brigitte Gruel devaient être jugés du 12 au 22 décembre. Ils sont accusés de viols et agressions sexuelles en réunion par deux anciennes employées de la Mairie de Draveil dont ils étaient maire et adjointe à la culture.

Dès le premier jour, les avocats de la défense ont utilisé deux prétextes pour empêcher le déroulement du procès :
– L’avocat général (magistrat qui représente le ministère public, c’est-à-dire l’intérêt général) a été accusé d’avoir cité trop de témoins « inutiles », dont des femmes qui décrivent des agressions similaires : des témoignages essentiels pour comprendre la stratégie mise en place par Tron.
– La défense a reproché aux médias d’avoir troublé la « sérénité des débats », surtout via les live-tweets. Était-elle gênée de perdre le contrôle de l’image du procès ? Dupond-Moretti est connu pour sa stratégie médiatique.

Ce qui en ressort, c’est l’inversion systématique des responsabilités par les avocats de la défense. Ils font prendre du retard avec des incidents et des diversions, mais le manque de temps serait dû à l’avocat général. Ils grognent, crient, interrompent mais ce sont les médias qui seraient responsables du manque de sérénité etc. L’inversion de la culpabilité est un point majeur de la stratégie des agresseurs. Cela vaut aussi pour celle de leurs avocats.

Après quatre jours, cette stratégie a mené au renvoi du procès à une date ultérieure. Il se tiendra du 22 octobre au 16 novembre 2018.

Cécile Werey

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