Les femmes en nombre à l’hôpital !

Au sein de l’hôpital public on observe un contraste saisissant : alors que l’on observe une parité quasi parfaite chez les médecins et que les femmes représentent environ 3⁄4 de l’ensemble du personnel, on observe une résistance du modèle patriarcal et de ses codes. Quelle en est la raison ?

La pyramide des âges apporte une première réponse : si les femmes représentent 60% des praticiens hospitaliers (PH) de moins de 40 ans, elles ne sont qu’un quart des PH de 60 ans et plus. Le déséquilibre est plus marqué chez les hospitalo-universitaires (composés de près de 3⁄4 d’hommes) et dans les instances syndicales, très largement masculines, exception faite aux internes où la parité s’exerce. Le second élément de réponse est qu’il existe une hiérarchisation des professions entre femmes et hommes. Une hiérarchisation horizontale tout d’abord : un certain nombre de spécialisations sont majoritairement occupées par un des deux sexes. A classement moyen équivalent aux concours parmi l’ensemble des spécialités pouvant être choisies, 50% des hommes ont opté pour 4 spécialités (anesthésie-réanimation, chirurgie générale, radiodiagnostic ou cardiologie) figurant parmi les plus rémunératrices. Le choix des femmes est moins marqué. Seule la médecine générale (spécialité la moins rémunératrice) se détache : elle attire 13 % des candidates aux concours. Une hiérarchisation verticale ensuite : les postes à responsabilité tel que chef de services sont quasiment occupés par des hommes. Ces derniers sont également privilégiés dans l’accès au clinicat. Cela a des conséquences en termes d’échelons de rémunérations : tandis que la moitié des femmes se situe en dessous du 9ème échelon (soit 4600€ brut en moyenne pour les échelons de 1 à 8), les hommes sont largement concentrés au-dessus du 10ème échelon (soit 6500€ en moyenne pour les échelons de 9 à 13). Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que la profession reconnaisse dans ses instances représentatives, sa hiérarchie et son système pédagogique la réelle place des femmes dans la profession ?

Mathieu