« Les femmes de » mises à l’honneur !?

Episode 1 : Le trophée de Trochain

Il était une fois un homme, Laurent Trochain. Président de l’association « Générations cuisines et cultures » et chef étoilé. Il devint célèbre le 3 février. Ce ne sont pas ses talents culinaires qui l’ont propulsé sur la scène médiatique, mais bien son sexisme ! Il a eu la brillante idée d’inventer un prix pour récompen- ser (suspense…) la femme de chef de l’année. Le trophée « Véronique Abadie » — du nom de la défunte épouse du chef Jean-Paul Abadie — sera remis à la gagnante le 8 mars lors de la Journée internationale des droits des femmes. Le but de ce concours ? Mettre à l’hon- neur les « femmes de » avec un slogan sans précédent : « derrière chaque homme œuvre une femme avec sérénité et dis- crétion ». Ainsi sur le site de l’événement, on peut découvrir le portrait des cinq

candidates en lice pour le trophée. Seules les femmes de chef pourront voter pour élire la fabuleuse épouse ! Grâce à l’association de femmes spécialistes du vin « Women do Wine », l’ineptie de Tro- chain a été médiatisée et largement criti- quée. Sur leur page Facebook, elles ont dénoncé le sexisme et la misogynie de ce concours : « Vous ne souhaitez pas récom- penser ces femmes, mais leurs qualités de compagnes, d’épouses, de mères ». Trochain l’avant-gardiste, ou l’homme qui inventa la récompense du statut marital !

Episode 2 : L’affaire Julia Cagé

Alerte : La Lettre de l’Audiovisuel a publié un article sexiste ! Extrait : « L’infor- mation à tout prix paraîtra mi-mars, édité par l’INA (Institut national de l’audiovi- suel). Il a été rédigé par un collectif com-

posé de Julia Cagé (épouse de Thomas Piketty, elle-même économiste, chroni- queuse à France Culture et auteure de « Sauver les médias » en 2016) ». Détail croustillant de la vie privée de Mme Cagé ou sexisme ? Une fois n’est pas coutume, voici une femme brillante renvoyée au statut de « femme de ». Une précision inu- tile qu’elle n’a pas manqué de relever sur twitter : « Merci la Lettre Audiovisuel pour le sexisme ! Je suis économiste. ». Depuis, l’article n’a subi aucune modification ;

Mathilde Pacaux