La rentrée scolaire : un coût pour les mères

Comme tous les ans, la rentrée scolaire approche, avec un coût de plus en plus difficile à assumer. En particulier pour les mères de familles monoparentales.

La rentrée scolaire arrive, et avec elle, son lot de dépenses. Entre les achats de fournitures scolaires (cartable, trousse, cahiers, etc.), l’inscription obligatoire à l’assurance scolaire et le renouvellement des vêtements, beaucoup de familles craignent le coût de la rentrée. En effet, même si le gouvernement a affirmé que la rentrée scolaire 2014 aurait «un coût stable et maîtrisé pour les familles», dans les faits, la liste des fournitures ne cesse de s’allonger et les prix d’augmenter. La rentrée scolaire coûte cher, de plus en plus cher : 1,35 % de plus cette année selon la Confédération syndicale des familles. C’est l’une des plus importantes dépenses de l’année pour celles-ci, et en venir à bout peut devenir un véritable parcours du combattant pour les parents. Ca l’est d’autant plus lorsqu’ il n’y a qu’un seul parent pour assumer les frais.

Or, on sait que 85 % des familles monoparentales sont composées d’une mère isolée et de ses enfants. Précaires,

les mères «célibataires» occupent une position défavorable sur le marché du travail : elles ne sont que la moitié à exercer un emploi à temps complet et sont le plus souvent cantonnées dans des métiers liés à la santé, aux services à la personne ou aux tâches administratives, qui ne sont pas les mieux rémunérés ni les plus stables. A l’impossibilité fréquente de compter sur le revenu d’un conjoint pour aider à subvenir aux besoins de la famille s’ajoutent les diverses contraintes liées à leur situation de mères seules, notamment en ce qui concerne la garde des enfants, ou encore la difficulté à obtenir un logement décent, puisque priorité est donnée aux couples comprenant deux revenus. On comprend dès lors à quel point la rentrée scolaire peut devenir un véritable casse-tête.

Certes, il y a l’allocation de rentrée scolaire, une aide de l’Etat versée fin août aux ménages à revenus modestes ayant des enfants scolarisés à partir de 6 ans. L’ARS constitue un coup de pouce nécessaire, mais elle n’est pas salutaire : non seulement la scolarité d’un enfant représente un coût tout au long de l’année (renouvellement des fournitures, sorties scolaires et éducatives, voyages scolaires, etc.) que l’ARS ne prend pas en charge, mais la différence d’aide entre un enfant de 6 ans et un enfant de 15 ans est toujours trop infime (un peu plus de 30 euros seulement). Pourtant, selon la CSF3, le budget moyen de dépenses est de 121 euros pour un élève de CP alors qu’il peut s’élever à plus de 800 euros pour les lycéens inscrits en filières techniques. Enfin et surtout, l’aide ne s’étend pas aux plus de 18 ans, alors que les frais des études supérieures sont les plus élévés de toute la scolarité des enfants.

La rentrée éclaire donc la précarisation des femmes dans la société et le monde du travail en particulier, et rappelle que tant qu’il n’y aura pas une réelle égalité entre femmes et hommes en terme de postes, de salaires et de CDI, celles-ci se verront toujours pénalisées, qu’elles soient célibataires ou mariées. Espérons que la récente loi égalité femmes hommes adoptée le 4 août rétablira l’équilibre entre les foyers !

Justine LE MOULT