La Blast, une “Brigade anti-frotteurs », : un dispositif efficace ?

La Blast, une “Brigade anti-frotteurs », : un dispositif efficace ?

Qu’est ce que la BLAST ?

C’est la Brigade de Lutte contre les Atteintes à la Sécurité dans les Transports. Cette brigade travaille en civil et compte 75 policier.ère.s qui interviennent  sur les lignes franciliennes de métro et train, les gares et les stations.

Son but premier est de lutter contre les pickpockets et les violences, mais elle s’occupe également de débusquer les dealers et, depuis 2015, les agressions sexuelles et autres violences sexistes. Pour se faire, l’organisme travaille avec toutes les agences de transport intra-muros et franciliennes qui leur permettent l’accès à leurs vidéos de surveillance.

 

Une action nécessaire

L’action de la BLAST paraît nécessaire. En effet, en 2018, le nombre de plaintes pour agressions sexuelles dans les transports a augmenté de 30%. De plus, selon les chiffres du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, 100% des femmes en ont déjà été victimes.

L’équipe patrouille donc sur le terrain en repérant les éventuels “frotteurs” (terme à éviter car euphémisant), en fait, les agresseurs sexuels qui peuvent encourir jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Il n’est pas difficile d’estimer les horaires de sorties de ces derniers, cependant pour les reconnaître il n’y a pas de profil type : tout homme qui a entre 12 à 73 ans est à surveiller, selon la brigade. « [Les agent.e.s de la BLAST] les filent [donc] pendant plusieurs heures, dans les transports mais aussi [dans] la rue ». Néanmoins, l’unité ne peut intercepter les suspects qui n’ont jamais été condamnés qu’en flagrant délit.

 

La BLAST, un dispositif efficace?

Malgré les efforts fournis, quand on sait que la brigade s’occupe de plusieurs délits à la fois, on imagine facilement que le temps qu’une agression soit remarquée sur les caméras, que l’information soit envoyée et le déplacement sur place effectué, l’agresseur a le temps de fuir. D’autant plus que le nombre des membres de cette brigade est bien trop modeste pour pouvoir assurer la sécurité des quelques 4 millions d’usager.ère.s quotidien du métro parisien. Enfin, l’agresseur ne peut être poursuivi en justice que s’il y a plainte, sinon l’équipe a pour consigne de le relâcher.

 

Des avancées encourageantes cependant

Néanmoins, toute avancée est bonne à prendre, et on observe aujourd’hui un intérêt accru de la part des forces de l’ordre à s’occuper des violences contre les femmes dans les transports. Plusieurs branches de la Police des Transports ont d’ailleurs ajouté cette mission à leur travail.

Mais, comme l’évoquait la commissaire Amandine Matricon-Charbot, cheffe de la Brigade de Sûreté Régionale des Transports d’Île de France (SRT), à Neonmag en février 2018, il y eu le cas d’un homme, frottant uniquement sur la très empruntée ligne 13, qui avait seulement été condamné à l’interdiction d’y retourner…

Malgré un taux de déferrement devant le parquet de 85%, ce genre de peine est loin de résoudre les problèmes. En effet, si la police semble faire de plus en plus efficacement son travail, il apparaît cependant que, notamment dans le cas de l’agresseur de la ligne 13, les peines décidées par la justice restent dérisoires et non adaptées aux situations de violences commises par les hommes contre les femmes.

Même si la police semble un peu plus impliquée dans le combat contre les violences masculines, n’oublions pas que si la justice n’évolue pas, nous allons attendre longtemps « nos conditions de mobilité idéales »…

 

Article écrit par Anne Ronco

Illustration de AliceDes



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