La ménagère se rebelle

Mais qui est donc cette fameuse « ménagère », de préférence de moins de 50 ans ?
Bien qu’il s’agisse d’un terme très peu précis, on imagine aisément une femme au foyer, en béatitude devant des feuilletons télévisuels à l’eau de rose, acheteuse compulsive de téléachat, l’aspirateur toujours à portée de main… bref un qualificatif pas franchement des plus élogieux et surtout loin de la réalité de la vie actuelle des femmes.

Le Général de Gaulle a bien tenté une définition de ce concept en 1965 : « Regardons ce qui se passe dans une maison : la ménagère veut avoir un aspirateur, un réfrigérateur, une machine à laver et même, si possible, une automobile. Ça, c’est le mouvement. Et en même temps, elle ne veut pas que son mari aille bambocher de toutes parts, que les garçons mettent les pieds sur la table et que les filles ne rentrent pas la nuit. Ça, c’est l’ordre ! » 50 ans après, les femmes ne seraient-elles encore (bo)bonnes qu’à faire les courses et le ménage ?

Ce concept publicitaire inventé dans les années 1950 désignait la femme au foyer qui fait les courses. Aujourd’hui, il y a des hommes qui remplissent et poussent eux-mêmes leur chariot (dingue !) mais cette mission revient encore majoritairement aux femmes… comme 80% des tâches domestiques ! Statistiquement, la définition d’un responsable des achats est floue : est-on ménagère quand on est une femme célibataire ? Quid des hommes célibataires, des femmes en couple avec une femme, des familles monoparentales, des étudiant-e-s qui rentrent chez leurs parents le week-end ? La ménagère de moins de 50 ans est une image de carte postale. Or, la réalité française, elle, est celle d’une société où une grande partie des femmes est entrée dans la vie active et où les familles sont très diverses.

Pourtant, dans le monde merveilleux du marketing, la ménagère de moins de 50 ans continue de vivre sa vie comme si rien n’avait changé. En ne s’adressant qu’aux femmes, les publicitaires entretiennent et renforcent les inégalités. Rebellons nous contre ce cliché de la femme écervelée et inventons nos propres modes de vie et de consommation… loin du marketing.

Lucie