Je danserais si je veux

« Ne parle jamais fort, les hommes n’aiment pas ça. Dis-lui toujours un mot gentil et fais-lui de bons plats. N’oublie pas non plus de te parfumer et d’avoir la peau douce (…) Quand vous êtes au lit, fais toujours ce qu’il te demande. Ne montre pas que tu sais faire et ça ira. » La réalisatrice d’origine palestinienne, Maysaloun Hamoud, donne le ton dès les premiers mots de son film « Je danserai si je veux ». 

Ici, la femme doit s’effacer. Ici, c’est l’homme qui décide. Ici, c’est Israël. Un pays qui continue de faire tristement la Une de l’actualité. Une terre où le poids des traditions et des religions mettent aujourd’hui encore les femmes de côté. Mais aussi une région du monde où les femmes se réveillent pour bousculer ces codes ancestraux et défendre leurs droits ! C’est à ces jeunes femmes que la réalisatrice rend ici hommage à travers trois personnages inspirés de sa propre vie. 

 

Trois femmes, un même combat 

Laila est avocate. Enchaînant cigarette sur cigarette, elle refuse de se cacher et de se soumettre aux codes de son pays. Sa liberté et son indépendance vis à vis des hommes prime sur tout le reste, que cela convienne ou non à ses compagnons. 

Salma est DJ et travaille dans la restauration. Si elle n’hésite pas à démissionner lorsque son patron lui demande de parler hébreu et non arabe, elle n’ose par contre pas avouer à ses parents qu’elle est lesbienne.

Noor est étudiante en informatique. Pieuse et sérieuse, elle est fiancée et rythme sa vie autour de la religion. Sa rencontre avec les deux premiers personnages va bousculer ses certitudes. 

Toutes trois partagent un appartement à Tel-Aviv. Une grande ville où elles peuvent vivre leur vie comme elles l’entendent dans l’anonymat le plus total, loin du poids de leur famille et de leurs proches qui attendent qu’elles suivent la norme imposée par le patriarcat. Laila et Salma ont un goût prononcé pour la fête, l’alcool et les drogues. Émancipées et indépendantes, elles n’en restent pas moins tiraillées et rattrapées par le poids des traditions tout au long du film comme l’illustre cet échange houleux entre Laila et son petit ami : « Tu crois que tu vis en Europe peut être ? Ici on n’est pas en Europe. Habille toi comme ils le souhaitent, selon le goût des autres et mange ce qui te plaît. C’est notre réalité, c’est comme ça. » « Et si je m’habille comme il me plaît et que je mange ce qu’il me plaît. C’est trop pour toi ? »

D’origines catholique et musulmane, mêlant arabe et hébreu, les jeunes femmes se croisent et se cherchent sur un chemin sans issue. Mais en restant soudées, toujours. Cette sororité, c’est ce qu’on retiendra particulièrement de ce film percutant. Complices et tendres, ces trois jeunes femmes pourraient être nos amies. Nous ne partageons certes pas le même pays, le contexte est différent mais notre combat est le même et c’est ce qui rend ce film si bouleversant. 

 

Je danserai si je veux
Nationalité : Israël – France

Réalisatrice : Maysaloun Hamoud
Actrices : Mouna Hawa (Laila), Sana Jammelieh (Salma), Shaden Kanboura (Noor)

Durée : 102 mn
Année : 2016 

 

Malvina Hamon

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